À Issy, le lycée Eugène Ionesco se mobilise !

« Jeunesse révoltée, car oui, nous souhaitons tous de pouvoir avoir accès à l’éducation » (inscription sur une pancarte à l’entrée du lycée)

Depuis mardi, plusieurs dizaines de jeunes se mobilisent devant le lycée Eugène Ionesco. Nous nous y sommes rendus, ce jeudi 1er octobre, pour échanger avec les lycéen.ne.s présent.e.s.

Dans ce contexte, quelques faits me sont partagés : des salles mal isolées et non climatisées, un emploi du temps trop chargé, du matériel défectueux (à l’instar d’un vidéoprojecteur), la présence d’une infirmière deux jours par semaine seulement, etc.

Au-delà de ces revendications concrètes, se dégage une impression générale d’anxiété face à un avenir incertain, un avenir qui semble leur échapper. « Jeunesse dorée, avenir foiré » et « le seul contrôle qu’on veut c’est celui de notre avenir » sont des slogans qui figurent sur les pancartes accrochées à l’entrée du lycée.

Dois-je également mentionner, l’instant où, à quelques pas de moi, des mots s’échappent d’une conversation entre lycéens : « nous, ici, personne vote pour Le Pen ». Clairement, l’extrême droite n’est pas la bienvenue, c’est une menace invisible qui, dès le lycée, occupe les esprits. Sur une pancarte, on lit : « occupez-vous de nos profs au lieu de vous occuper de nos voiles ». De meilleures conditions d’étude plutôt qu’un contrôle raciste des corps, le message ne souffre pas d’ambiguïté.

Mais, surtout, la mobilisation du lycée Eugène Ionesco s’inscrit en soutien du mouvement national, dont l’ampleur ne cesse de croître.

Une lycéenne me confie à ce sujet : « Nous, c’est une ville qui a les moyens, on n’a pas vraiment de problème dans ce lycée. (…) Nous sommes là pour crédibiliser les causes des autres, nous intervenons par solidarité ».

Assurément, cette jeunesse est politisée, inquiète pour son avenir et consciente des inégalités sociales, y compris lorsqu’elle est privilégiée. C’est une jeunesse qui veut se faire entendre, une jeunesse qui lutte pour son avenir, une jeunesse qui mérite mieux que la caricature médiatique qu’on lui oppose.

Alors, écoutons-là, cette jeunesse, car sa colère est légitime, saine, et que c’est pour elle, au fond, que nous luttons chaque jour.

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